Dimanche dernier (alors pas hier mais celui d’avant!), puisque l’été n’a toujours pas confirmé sa présence, nous avons enfilé nos bottes en caoutchouc et sommes allés à Lundsvågen.
C’était un de mes dimanches libres, mais Amayah aime tellement jouer dans le sable et regarder inlassablement l’eau de la petite digue couler que la Naturskole se trouve toujours être le lieu de commencement de notre journée.
J’en profite aussi pour papoter avec la famille et les clients, prêter main forte lorsque la file d’attente commence à s’allonger, ou pour prendre un petit thé en grignotant une petite douceur, toujours suivie d’une autre, et d’une autre, et d’une autre.
À 13h lorsque nous rentrions ce jour là par exemple, j’avais mangé une gaufre, un hot dog et 4 boller. Les boller, ce sont des espèces de beignets à la cannelle (les anglais en ont de similaires appelés bunds si je ne me trompe pas), que mes deux belles soeurs font de façon divine. Mes préférés sont les Kyllingsboller, qui tiennent leur nom de la couleur jaune de la crème de vanille déposée au centre (kylling c’est poulet pour ceux et celles qui ne parlent pas norvégien (^-^).
En rentrant, j’ai décidé de retirer mes tresses. J’avais envie de retrouver mes cheveux, et m’inquiétais il est vrai un peu de l’état de ma tempe droite. J’ai appelé une copine en renfort et au bout d’une petite heure entre rires et pleurs d’enfants, nos rires gras à nous et les délicieuses pâtes cuisinées par l’ôm, le temps était venu pour moi de faire face à la (cruelle et triste) réalité. La tempe droite de Naomi n’a rien à envier à la mienne.
Les cheveux sont partis, envolés, finis et même si j’ai l’air d’en rigoler un peu, je suis véritablement inquiète. J’ai toujours eu les cheveux fragiles et cassants aux tempes, mais là, c’est pire que ca n’a jamais été. Il y a carrément des zones lisses… comme Naomi.
Je sais « Le renard passe passe, chacun à son tour chez le coiffeur Mamadou »…
Mais bon quand même hein, je n’ai pas que ri des cheveux de Na, j’avais aussi beaucoup de compassion.
Sérieusement, je ne sais vraiment plus quoi faire.
J’ai suggéré avec hésitation à l’Om que la solution serait peut être la tondeuse, et bien entendu, il est pour à 100% depuis le temps qu’il voulait que nous soyions tondus tous les deux; mais je connais mon crâne, et mes larges épaules… Rasée, c’est différent de court. Je sais que je ressemblerai à une ampoule avec mon large front et mon petit menton. Ne riez pas, j’ai des copines de lycée qui m’appelaient « le triangle ». Et avec la chute que j’ai au milieu de ma tête, uniformiser reviendrait bien à tondre.

Si j’avais la joli tête ronde de Clarisse ou la belle cacahuète de l’homme, ce serait tellement différent, mais non, je n’ai que ma tête (Calimero sort de ce corps!).
Le pire, c’est que je ne sais même pas si cela serait la solution, la partie de mes cheveux qui serait tondue est bien celle qui a poussé et est restée avec moi malgré les agressions et la torture, et pour les remercier que ferais-je? Je les couperais?
C’est vrai quoi, quel bien cela pourrait-il faire aux cheveux déjà disparus en fait? Si j’ai une chute, ce n’est pas parce que j’ai des cheveux autour, on est d’accord.
Une chose est certes vraie, si je n’avais plus de cheveux du tout, je ne pourrais plus les maltraiter avec des tresses et tissages, mais en même temps, si je suis laide ou étrange avec ma tête chauve, je ne pourrais plus me cacher derrière une perruque, il y a bien trop de vent à Stavanger! Et je ne pourrais pas non plus me mettre de la belle peinture ethnique sur le visage comme les déesses de dance africaine, mais ca, bien entendu je n’ai pas besoin de vous expliquer pourquoi.
D’un côté, j’ai bien envie de sauter le pas, mais je n’ai pas la confiance en soi de l’Om qui depuis ses 18 ans à décidé de porter le crâne tondu parce que son visage se suffisait à lui même (en plus il le dit sans ciller comme la vérité la plus absolue, c’est une des choses que j’admire énormément chez lui, même si je le charrie souvent d’être prétentieux. Il connait ses qualités et n’a aucune réserve à les mettre en avant, tandis que bibi est toujours dans le questionnement existentiel). Donc pour en revenir à nos cabris (parce que les moutons coûtent trop cher, encore une expression de chez moi), je me creuse la tête depuis plus d’une semaine sur la question, et je n’ai pas encore trouvé de réponse. Et plus je me pose la question, plus je sens que le mal a des racines plus profondes que le simple fait d’avoir les cheveux balayés du sol du salon de coiffure. J’ai bien décidé sans aucun remord de me tondre il y a 3 ans, et, j’avais fait le même choix 2 ans auparavant, mais en gardant ces deux fois soit les cheveux défrisés, soit un peu de hauteur devant. Je n’ai pas eu le crâne tondu depuis 2000, et le souvenir de la jeune fille frêle aux lunettes rouges qui flottait dans son uniforme d’internat me hante un peu pour tout vous dire, même si, flotter dans quoi que ce soit n’est pas ce qui me dérangerait en ce moment.
J’ai mis mon entourage à contribution mais là encore, les avis sont très partagés, donc si vous vous sentez le coeur de partager vos pensées avec moi, je vous en serai très reconnaissante.
Et pendant ce temps la… Amayah aussi avait coiffure ce dimanche.
Nous ne sommes vraiment pas égaux.
C’est pas que je suis jalouse hein… mais quand même 🙂 Moi à côté, ils en jettent moins mes nappyhair à moi!
Je vous avoue que je n’ai pas eu le courage de dévoiler ma tempe droite, mais comme les camerounais disent, j’ai les monvieux! Imaginez simplement que c’est bien (oh combien) pire que sur la tempe gauche! Bon et sinon mes cheveux n’étaient pas lavés d’où l’effet terne/grisâtre/crado. Hihihi, et je vois qu’Amayah a hérité du rire de cheval de sa mère!
C’est ma maman qui avait raison, je n’aurais pas dû me défriser les cheveux après cette photo!







