… attention ceci est un titre trompeur!
Cela fait trois ans que je me torture. Trois ans que ca dure. Trois ans que je le vois, m’enthousiasme, l’essaie, et me rends à l’évidence : le pantalon carotte, ca n’est pas pour moi (si ca a d’ailleurs jamais été pour personne !).
Pourtant, je ne semblais pas vouloir lâcher l’affaire.
Pourquoi est ce que l’on poursuivrait tant un pantalon qui à lui seul a le mérite de nous aplatir le haut des fesses en nous en gonflant le bas, de doubler le volume de nos cuisses et de notre culotte de cheval, qu’il s’attèle d’ailleurs à créer si par chance nous n’en avions pas, et qui en l’espace des 3 minutes que l’on met à l’enfiler (oui, faut le mettre, trouver la bonne hauteur de taille, faire un joli nœud pour accentuer le bidon, l’ajuster au moins dix fois et se regarder plusieurs fois de face et de dos pour être sûr de ne pas l’avoir mis à l’envers) nous laisse sans trop de choix croire que nous n’avons pas l’allure d’une bouteille d’arôme Maggi. Euh, mais non c’était une question là, pourquoi donc ?
Peut être parce que dans mon idéal fantasque modesque (voyez si ceci n’est pas subjectif !), le pantalon carotte représente l’élégance (parisienne) à son comble. Lui, le chemisier en soie blanc et des vrais escarpins noirs et hauts.
Et ce genre de vision ne s’efface pas légèrement de l’esprit.
Il m’a donc fallu ces trois longues années pour enfin en trouver un qui selon moi limitait un peu la casse.
Son prix tout doux a aidé à la décision, tout comme sa longueur et sa coupe large. Dans le même lot d’articles abandonnés dans leur corner « Soldes », je lui ai aussi trouvé comme partenaire cette chemise en jeans. J’aime l’alliance du denim à cette découpe ultra féminine.
Et ce matin là, je n’ai pas réfléchi. J’ai enfilé les deux pièces, ai limité les regards inquisiteurs vers le miroir et me suis dit que rien d’autre ne pourrait faire marcher le pantalon carotte que l’assurance. L’assurance d’avoir réussi là où tant d’autres se sont cassés la figure avant nous, car au fond dans la mode, l’attitude, il n’y a que ca de vrai.
Bon en revanche l’assurance a tendance à s’effriter un peu au cours de la journée, lorsque malencontreusement on croise sa silhouette dans le reflet d’une baie vitrée ou d’une voiture… ou pire encore, à travers le regard perturbé d’un collègue près de la photocopieuse (mais il est mal coupé son pantalon ou elle se laisse un peu aller là, je lui pose la question ou pas? C’est bizarre quand même…)
Là, on redresse les épaules, on rentre le ventre, on met ses mains dans ses poches, et on fait l’effort de se tenir de profil ou aux 3/4 (bah pourquoi pensez vous que je ne suis de face sur aucune des photos en pied???)
Même si je dois confesser qu’avec des belles boucles qui virevoltent gracieusement dans le vent, il n’en faut pas beaucoup pour oublier qu’on a « carotte aux fesses » (Je sais, je sais, mais je n’ai juste pas pu me retenir! Hahahahahahahahahahaha, avouez qu’elle est drôle ma blague, et d’ailleurs si je n’avais pas peur de rameuter tous les pervers de la planète, je l’aurais choisie comme titre!)

















